Le volcanisme
d'Ardèche
VII - Coucouron
: une commune au carrefour de trois volcanismes
VUE
SUR COUCOURON ET LE PLOT DE LA LAONNE
Le
volcanisme du quart sud-est du Massif Central comprend quatre provinces
:
Le
Velay oriental (16/15 à 6,2 Ma),
le
Massif des Coirons (7,7 à 6,6 Ma),
le Devès
(4 à 1 Ma avec deux pics d’activité à respectivement
2 et 1 Ma),
les
jeunes volcans d’Ardèche (130.000 à 40.000, voire
15.000 ans).
L’examen
des cartes géologiques montre que trois de ces provinces
volcaniques sont représentées, à vol d’oiseau,
dans un rayon de 10 km du centre de Coucouron.
Les coulées basaltiques d’âge miocène
(8,2 Ma) de la vallée de la Veyradeyre (à 8,7 Km)
relèvent du volcanisme du Velay Oriental et fossilisent les
premières vallées qui s’individualisent dès
que s’amorce le soulèvement du Massif Central (rebord oriental).
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Seulement 9,7 et 7,4 km séparent respectivement le centre de
Coucouron du pied du cône strombolien
du Cherchemuse et du maar
du Lac d’Issarlès. Or ces appareils relèvent du premier
épisode de mise en place des jeunes volcans d’Ardèche.
Enfin,
Coucouron est situé au cœur d’un volcanisme très riche
relevant de la province du Devès.
Plusieurs
volcans stromboliens et leurs coulées basaltiques (Plot de
la Laonne, les Deveses, site de Montlaur, …) sont, de plus, localisés
sur le territoire de la commune.
Le constat sus-jacent met en évidence la situation stratégique
exceptionnelle dont jouit Coucouron puisqu’il est possible, dans la
même journée, d’observer des
appareils relevant de trois des quatre provinces volcaniques que comprend
le quart sud-est du Massif Central.
Nous traitons, dans les pages qui suivent, de quelques points forts
caractérisant le site de Coucouron. |
DE LA VERVENE À RANC DE LA GARDE VIA
MONTLAUR
Le promontoire naturel, que constitue la puissante
coulée de basalte
du lotissement de la Vervene, donne une première opportunité
de disposer d’une intéressante vue sur le site de la commune,
son volcan fétiche (la Laoune, ou Laonne), les Devèses,
enfin Montmoulard et Serre de Montmoulard.
Nous
observerons la coulée et les étonnantes enclaves qu’elle
contient avant de nous diriger vers Montlaur où nous pourrons
observer à loisir les restes conservés d’un ancien volcan
strombolien.
Le
hameau de Montlaur, au passé chargé d’histoire, offre
effectivement une excellente opportunité de cerner l’importance
de l’action de l’érosion sur un volcan strombolien mis en place
voici 2 millions d'années. |

LE
ROCHER DE MONTLAUR
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| Le
rocher de Montlaur se situe vraisemblablement à la verticale
de l’ancienne cheminée d’où est partie la coulée
basaltique à larges prismes, déjà bien visible
depuis la D 16, route assurant la jonction entre la N 102 et Coucouron.
PROJECTIONS
STROMBOLIENNES, MONTLAUR
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Ce
site présente de remarquables projections stromboliennes contenant
de nombreuses bombes volcaniques.
De
Montlaur, on accédera aisément au secteur de Peyreloup,
situé au pied de Ranc de la Garde. On dispose, depuis le secteur
situé au-dessus de Chabannes, d’un point de vue exceptionnel
tant sur l’ensemble de la commune de Coucouron que sur les semi-lointains
(Monts de Breysse : Grand Suc et Petit Suc) et lointains (cônes
stromboliens du Devès et sucs phonolitiques
du Velay oriental). |
La
carrière de Montmoulard contient deux catégories de projections
: au centre du front de taille les scories sont homométriques (dimensions
homogènes) et sombres alors qu’aux deux extrémités
les projections sont rougeâtres, plus grossières et de tailles
diverses.
Elles
contiennent de plus quelques bombes fuselées décimétriques.
Dans la partie
centrale, se remarquent des enclaves de socle, le plus souvent anguleuses
et situées au cœur des bombes (ce qui est relativement classique).
On
notera que, dans la partie gauche de la carrière, le pendage dans
les scories (rougeâtres) est relativement important et semble même
discordant par rapport à celui des pouzzolanes
sombres. Ceci semble signifier que l’on est probablement proche d’un point
d’émission (cratère) et/ou que les scories rougeâtres
se sont mises en place dans une paléotopographie individualisée
dans les projections noires.
On
notera que la partie la plus à droite de la carrière est
faite des mêmes produits rouges que ceux observés à
gauche. Compte tenu des pendages mesurables, les produits rouges sont
postérieurs aux pouzzolanes noires.
SERRE
DE MONTMOULARD : VUE SUR LES SUCS ET LA LAONNE
En poursuivant
sur le chemin situé dans l’axe de Serre de Montmoulard, on
parvient rapidement à un champ (situé entre les points
cotés 1209 et 1203 mètres) d’où la vue est superbe
tant sur la partie sud du site de Coucouron (Devèses, Montlaur,
secteur de la Verveine) que sur le Pays des Sucs.
Ainsi
la vue est bien dégagée depuis l’Alambre à gauche
jusqu’au Sépous et aux rochers de Coux. De ce point sont également
visibles certains volcans stromboliens du Devès. En particulier
on remarque, sur la gauche, les deux volcans stromboliens
jumeaux que sont les Monts de Breysse (à gauche Petit Suc culminant
à 1272 mètres et à droite Grand Suc culminant
à 1289 mètres). |
VUE
SUR LES SUCS
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Un
peu avant d’arriver au point coté 1209, un petit chemin partant
sur la gauche autorise une vue plus complète sur Coucouron, allant
cette fois des Devèses à la Laonne. Depuis ce point, à
peu près à mi-chemin de l’ensemble allant des Devèses
à La Laonne et dans le plan le plus lointain, on devine la carrière
de Montlaur («carrière des monstres»).
En
poursuivant encore un peu, depuis le champ qui succède au point
coté 1209, la vue est cette fois totalement dégagée
sur La Laonne dont on peut distinguer le cratère. D’ici on a le
sentiment que Les Devèses et Montlaur sont deux cônes indépendants
bien que très proches.
Pour conclure sur la qualité du panorama visible depuis le prés
situé à proximité du point coté 1209, on insistera
sur le fait que l’observation est possible sur un secteur couvrant plus
de 300°.
LA
LAONNE : vue depuis Serre de Montmoulard
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En effet
si, du regard, on balaye le paysage de la gauche vers la droite, on
voit successivement : les Devèses, le lotissement de la Vervene
et sa coulée à la pétrographie
si particulière, Olpillère (avec naturellement Coucouron
au premier plan), la Laonne et son cratère (ainsi que la coulée
basaltique qui en est issue), les Monts de Breysse (Petit Suc puis
Grand Suc), Mézenc, Cholon, Taupernas, La Lauzière,
Montfol, Séponet à peine visible, Sépous et enfin
Les Coux.
Au premier
plan se détache le Cherchemuse (à peu près dans
l’alignement du Montfol) et, en s’avançant un peu dans le champ
il est possible d’apercevoir le cône strombolien du Bauzon.
En contrebas coule la Langougnole au fond d’une vallée entaillée
dans le socle. |
La route, passant près de Maison Seule et permettant de relier
Coucouron à la D 16, autorise deux intéressantes observations
de géomorphologie. Une cinquantaine de mètres après
l’embranchement de Maison Seule, une vue superbe et didactique sur la
vallée de la Langougnole s’offre au promeneur.
On remarque à la fois la morphologie d’un très beau méandre
de la Langougnole et le replat des Carteyres, déjà visible
depuis Serre de Montmoulard. Le méandre, qui présente une
topographie particulièrement classique avec sa rive convexe à
pente douce et sa rive concave à pente abrupte, trouverait aisément
sa place dans un traité de géomorphologie.
Le replat
des Carteyres (point coté 1.155 mètres) correspond à
un probable ancien berceau de la Langougnole. La vallée présente,
à ce niveau, un profil transversal particulièrement caractéristique
de ce qui peut s’observer à l’échelle régionale.
En effet le berceau surmonte une pente relativement importante laquelle
se trouve elle-même en contre-haut d’une ultime incision en gorge.
Ces traits du paysage correspondent à trois épisodes d’érosion
associés à trois périodes successives du soulèvement
du Massif Central. Le profil doux du berceau, situé en position
supérieure, est peut-être, contemporain de la première
vallée de la Veyradeyre (cacheté par des basaltes datés
à 8,2 millions d'années) et correspond à une érosion
molle générant de larges vallées aux formes douces.
Le reliquat de talus «en V» est d’âge quaternaire probable
alors que la gorge est quasi contemporaine à contemporaine.
L’accès au sommet de la Laonne, depuis le centre de Coucouron,
peut se faire via la Croix de la Téoule et le chemin qui part de
ce point vers l’ouest.
Le
retour s’effectue alors par un sentier dans les produits stromboliens
du flanc sud. On peut faire en sorte de passer par les «grottes»
observables dans des scories soudées.
Du
pied du volcan, le promeneur peut ensuite soit se diriger vers le lac,
soit rejoindre directement Coucouron. La plate-forme, située au
sommet du Plot, est d’accès aisé et offre une vue de qualité
sur la commune de Coucouron.
LE PLAN D’EAU : UN MAAR
OUBLIÉ
| C’est
à proximité du carrefour, commun à la route descendant
de la Laoune et à la D. 298, que l’on aura la vue la plus intéressante
sur l’ancien cratère de maar ayant évolué en
narce et aujourd’hui remis en eau. De ce secteur, la géomorphologie
montre indubitablement qu’un maar s’est autrefois individualisé
au pied de la Laoune. Nous avions déjà évoqué
l’intérêt de l’analyse géomorphologique à
propos du secteur de Carteyres (non loin de Maison Seule) ; le site
du Lac nous offre une nouvelle fois l’occasion de montrer à
quel point la morphologie du paysage peut trahir l’histoire passée. |
Le
maar oublié de Coucouron
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LES
ENCLAVES DU BASALTE
DU SITE DE LA VERVENE
PÉRIDOTITE,
LA VERVENE
Les
enclaves ultramafiques (péridotites)
sont particulièrement abondantes. Elles sont en particulier
représentées par des lherzolites de tailles très
variables (xénocristaux d’olivines millimétriques
à enclaves décimétriques).
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Beaucoup sont plus ou moins altérées en surface, mais
nombre d’entre elles restent fraîches en cassure. L’altération
des olivines met
indirectement en valeur la couleur vert profond des diopsides chromifères
relativement abondants (la couleur verte des diopsides, bien marquée,
est en effet liée à la présence de chrome).
On
signalera (pour le spécialiste) la présence
de norites litées, «équilibrées dans
le faciès granulite (Clinopyroxène + Orthopyroxène
+ Plagioclase)». Ces roches nous apportent deux informations
essentielles sur la nature pétrographique et minéralogique
d’une partie des roches constitutives de la croûte inférieure.
Elles
nous apportent des témoignages du volcanisme hercynien «conservé»
à la verticale du point d’observation.
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LA
TOURBIÈRE DU MAAR DE BEAUREGARD (SAGNE REDONDE)
| Ce site,
d’accès aisé, offre une excellente opportunité
d’observer le milieu très particulier des tourbières.
Il
permet aussi de se rendre compte du devenir potentiel des lacs de
cratères de maars
lorsque les alluvions (colluvions le plus souvent) les comblent.
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La
tourbière de Beauregard
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ARLEMPDES ET GOUDET
ARLEMPDES
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Ces
sites, outre leur cachet exceptionnel, permettent d’appréhender
les problématiques relatives à :
1
- l’âge et les modalités de mise en place des basaltes
du Devès,
2 -
la vitesse d’incision de la vallée de la Loire.
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CONCLUSION
| Le
point fort de Coucouron, commune située au carrefour de trois
volcanisme, réside indubitablement dans la qualité exceptionnelle
de ses paysages.
La surface couverte par des appareils volcaniques (cônes stromboliens
et coulées basaltiques, maars) est tout à fait remarquable
puisqu’elle représente à peu près 50% du territoire
de la commune.
La qualité des sites proches (Lac d’Issarlès,
Goudet, Arlempdes, Beauregard) ajoute aux atouts de la commune.
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COUCHER
DE SOLEIL SUR LE TARTAS
(vue
depuis le rocher de Montlaur)
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