Le volcanisme d'Ardèche

 
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I - LES VOLCANS D'ARDÈCHE  : GÉNÉRALITÉS 
 I A - ÂGE DU VOLCANISME

I A 1 – JEUNES VOLCANS (PIC DE L’ÉTOILE, COUPE D’AIZAC)

La présence de volcans en Bas Vivarais fut admise dès le XVIIIè siècle (Faujas de Saint-Fond, 1778 ; Giraud-Soulavie, 1781 ; Burat, 1833). La province, située au sud du Velay (figures 1 et 2), se caractérise par la fraîcheur de ses cônes et coulées. Il reste que, sans doute en raison de sa petite taille et de sa position excentrée par rapport aux domaines volcaniques auvergnats (Cantal, Monts Dore, Chaîne des Puys en particulier), cette magnifique province fut laissée dans l’oubli pendant plusieurs décennies. En dépit de ce manque d’intérêt, l’âge quaternaire des cônes et coulées était admis de longue date. Aussi bien la jeunesse de formes des cônes et coulées que l’existence de fumerolles à CO2 (Mofette de Neyrac les Bains) témoignaient en faveur de cet âge présumé. Les travaux de Berger (1973-1981) attirèrent à nouveau l’attention sur cette province, certainement l’une des plus belles du Massif Central. Aujourd’hui nous disposons d’informations très complètes comprenant les données cartographiques, la pétrographie, la minéralogie et la thermochimie, les résultats du paléomagnétisme, ceux de la thermoluminescence, enfin les âges du 14C . Tout ceci a conduit à disposer d’une excellente chronologie relative et absolue, prenant en compte la synthèse de ces diverses approches.

I A 2 – LE VOLCANISME D’ÂGE VELAY ET/OU COIRONS

Le neck de Crau (commune de Genestelle), la formation basaltique de Ranc Ranier (sans doute un ancien lac de lave) comme le Rocher du Cheylard (Labastide sur Besorgues) sont vraisemblablement des venues associées à la fin de l’histoire vellave (ou à celle du Coiron : neck de Crau en particulier) et par conséquent sans doute mises en place vers 8 Ma. Il reste que, sur la base des données dont nous disposons, rien n’interdit formellement de rattacher telle ou telle de ces formations au volcanisme du Coiron (à peu près contemporain, il convient de le souligner, de la mise en place des derniers produits mis en place dans le sud du Velay oriental).



FIGURE 1 – Jeunes volcans d’Ardèche : les trois phases éruptives.

Les volcans les plus vieux (130 ka) sont ceux situés au nord (Chaudeyrolles, Borée, Saint-Martial) ; les plus jeunes (16 à 12 ka) sont localisés au sud (Vestide du Pal, Chambon, Thueyts, Jaujac).



FIGURE 2 – ÂGES 14C DES DERNIÈRES ÉRUPTIONS DE L’ARDÈCHE

Les premières datations 14C (points 1 à 3), combinées aux données du paléomagnétisme et à celles du terrain, avaient permis la mise en évidence de deux phases éruptives brèves, l’une vers 12.000 ans et l’autre à plus de 35.000 ans. Les datations 14C, publiées récemment (Berger, 1997 – 1998), confirment l’âge très jeune des dernières éruptions. Les deux datations concernent respectivement la coulée issue du Chambon (point 4, à 15.100 ± 360 ans sous le château de Pourcheyrolles) et la coulée issue de la Coupe de Jaujac (point 5, à 16.280 ± 410 ans). Ces valeurs donnent donc globalement, pour l’âge 14C de la dernière phase éruptive, une fourchette comprise entre 16.000 et 12.000 ans.

I B - TYPES DE DYNAMISMES ÉRUPTIFS

Trois types d’appareils se rencontrent dans la province des Jeunes Volcans d’Ardèche : des appareils de type stromboliens (figure 3) bien représentés par le Bauzon, la Coupe d’Aizac, la Coupe de Jaujac, des maars (figure 4), de tailles variables, dont le cachet fait parfois des appareils très spectaculaires (Vestide du Pal, Chambon), des appareils mixtes au dynamisme initial de type maar relayé par un dynamisme strombolien (Maar de Borée, Ray-Pic, Pic de L’Etoile).



FIGURE 3 – DYNAMISME DE TYPE STROMBOLIEN [D’après De Goër & al. (1985), Mergoil & al. (1993) et Boivin & al. (1995)]

Un cône strombolien est constitué d’une alternance de couches de projections (pyroclastites) et de coulées de lave. En Ardèche, le cône (le plus souvent elliptique à sub-circulaire), est presque toujours égueulé par une coulée tardive dont la mise en place marque la fin de l’édification de l’appareil. Bien des cônes sont stromboliens au sens strict du terme : d’une part la taille des appareils est sans commune mesure avec celle du volcan type, d’autre part certains appareils (Gravenne de Thueyts) sont presque exclusivement constitués de projections basaltiques (pouzzolanes). Quelques appareils (Jaujac, Bauzon, Coupe d’Aizac, Gravenne de Montpezat), bien que de durée de vie brève, se rattachent néanmoins au " volcan type".  

FIGURE 4 - DYNAMISME DE TYPE MAAR

D’après De Goër & al. (1985), Mergoil & al. (1993) et Boivin & al. (1995).

Un maar est un appareil volcanique (le plus souvent "basaltique") dont au moins une partie de la mise en place relève d’une interaction entre le magma et un niveau phréatique. La rencontre de la lave et de l’eau, à faible profondeur, induit la vaporisation de cette dernière et une surpression qui va provoquer des cycles explosifs puis générer un "cratère de maar". Les dépressions ainsi façonnées sont parfois occupées par un lac (cas du lac d’Issarlès) ; elles peuvent aussi être emplies de produits basaltiques (Borée, Vestide du Pal). Le site de la station thermale de Neyrac-les-Bains est un cratère de maar. Certaines tourbières sont également implantées à la verticale d’anciens cratères de maar.

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