Les Templiers et la mise en place des « Commanderies » (suite... )

   La Commanderie de Jalès, qui figurait déjà sur des actes en 1151, avec des donations dès 1131 est donc parmi les premières en France.
   Le prestige des moines-soldats au manteau blanc frappé d'une croix rouge a été immense pendant les deux siècles qu'ont duré les Croisades. La huitième et dernière Croisade s'achève par la mort tragique du roi Lois IX (Saint-Louis) devant Tunis en 1270, et les possessions franques de Terre sainte tombent définitivement entre les mains des musulmans avec la chute de Saint-Jean-d'Acre le 28 mai 1291, malgré la résistance héroïque des Templiers autour du grand maître Guillaume de Beaujeu.
Au début du XIIIe siècle, le Temple dispose d'une force militaire impressionnante de quinze mille hommes, bien plus que n'importe quel roi de la chrétienté aurait pu en lever. Mais de soldats, les Templiers se sont reconvertis en usuriers et ont complètement perdu de vue la reconquête des Lieux Saints de Palestine !
    C'est que de considérables donations ont rendu l'ordre immensément riche et l'ont transformé en l'une des principales institutions financières occidentales... et la seule qui soit sûre. Il gère ainsi, en véritable banquier, les biens de l'Église et ceux des rois d'Occident (Philippe le Bel, Jean sans Terre, Henri III, Jaime Ier d'Aragon,...).
    Dès lors, l'opinion européenne commence à s'interroger sur la légitimité du Temple. Le roi Philippe le Bel lui-même a souvenance que les Templiers avaient refusé de contribuer à la rançon de Saint-Louis lorsqu'il avait été fait prisonnier au cours de la septième croisade !
    Suivant une idée déjà ancienne, évoquée par Saint Louis et les papes Grégoire X, Nicolas IV et Boniface VIII, Philippe le Bel souhaite la fusion de l'ordre du Temple avec celui, concurrent, des Hospitaliers afin de constituer une force suffisante pour préparer une nouvelle croisade à laquelle le roi de France et le pape sont très attachés. L'affaire est mise à l'ordre du jour de plusieurs conciles et l'on élabore même un projet dans lequel Louis de Navarre aurait été grand maître du nouvel ordre.
Son dramatique échec résulte de l'entêtement et de l'étroitesse d'esprit du grand maître Jacques de Molay ainsi que de l'agressivité du ministre du roi, Guillaume de Nogaret.
Durant l'été 1306, Jacques de Molay donne son opinion à Clément V sur le projet de fusion. Le pape en reste pantois. L'argumentaire du grand maître n'a qu'un seul but non avoué : garder une place qui risque de lui échapper. Guillaume de Villaret, le grand maître des Hospitaliers, n'a pas présenté son point de vue car il n'a pu se rendre à la convocation.
   Tous les Templiers de France, le 13 octobre 1307, sont donc arrêtés par les sénéchaux et les baillis du royaume au terme d'une opération de police conduite dans le secret absolu par Guillaume de Nogaret. Ils sont interrogés sous la torture par les commissaires royaux avant d'être remis aux inquisiteurs dominicains.
    Le roi obtient du pape Clément V la suppression de l'ordre, au concile de Vienne, en 1312.
Le 3 mai 1312, le pape affecte le trésor des Templiers à l'ordre concurrent des Hospitaliers, à l'exception de la part ibérique qui revient aux ordres militaires locaux. Le roi de France et ses conseillers plaident en faveur de cette solution respectueuse de la volonté des nombreux bienfaiteurs du Temple.
    En 1313, sur la base de documents comptables, l'ordre de l'Hôpital restitue 200.000 livres au trésor royal pour solde de tout compte.
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